Les emprunteurs peuvent se réjouir. Après les parlementaires, les sénateurs viennent d’adopter le projet de loi instaurant le droit de changer d’assurance emprunteur à chaque date anniversaire du contrat. C’est le moment pour chacun de revoir le sien et essayer de faire baisser la note en s’adressant à la concurrence.

L’intérêt de la mesure pour les emprunteurs

À partir de janvier 2018, toute personne ayant un crédit logement en cours de remboursement pourra résilier l’assurance qui le couvre et la remplacer sans possibilité pour la banque de s’y opposer.
La mesure vise à libérer enfin la concurrence, et donner du pouvoir d’achat aux classes moyennes propriétaires. L’unique condition : trouver un contrat alternatif présentant les mêmes garanties que celles mentionnées dans la fiche d’information de la banque au moment de contracter l’emprunt.

C’est une aubaine pour les emprunteurs, car avec la faiblesse des taux de prêt immobilier, le coût de l’assurance est pratiquement aussi élevé que les intérêts d’emprunt. Or, pour un même profil, les disparités entre les différents établissements en matière de garanties et de tarifs peuvent être considérables.

Les écarts sont encore plus marqués entre les contrats de groupe des banques et les formules individualisées des assureurs alternatifs ou des courtiers spécialisés en crédit immobilier.

Pour un couple de trentenaires souscrivant un prêt de 150 000 euros sur 20 ans à un taux nominal de 1,5 %, l’économie potentielle obtenue grâce à une assurance déléguée peut atteindre 15 600 euros. Pour un senior ayant emprunté le même montant sur 12 ans, le gain peut s’élever à 9 900 euros.

Les points à vérifier dans son contrat

Si aujourd’hui, les banques détiennent encore près de 90 % du secteur de l’assurance emprunteur, avec la réforme, elles risquent de voir 8 millions de détenteurs de contrat de prêt logement passer à la concurrence. Or, ce produit leur est très profitable, puisque sur les 6 milliards d’euros que pèse le marché, les marges des banques représentent la moitié. Elles pourraient donc être enclines à la renégociation du taux d’assurance pour garder leurs clients.

Pour ce dernier, plusieurs points sont à vérifier, à commencer par les garanties incapacité-invalidité. Si elles sont indemnitaires, les périodes de chômage ou de congé parental ne sont pas couvertes, la prise en charge des mensualités par les banques se limitant à la perte de revenus.

Attention également aux franchises et exclusions. Le droit à l’oubli notamment permet à l’assuré par exemple de ne plus déclarer une ancienne pathologie cancéreuse, lui évitant la majoration de sa cotisation.