Les candidats à l’accession à la propriété, obnubilés par le taux de leur prêt immobilier, en oublient trop souvent l’assurance décès-invalidité. À tort, car cette indispensable protection peut leur faire économiser beaucoup.

Méconnaissance du coût de l’assurance de prêt…

Alors que la loi Hamon autorise le changement d’assurance emprunteur au cours de l’année suivant sa signature, bon nombre de nouveaux propriétaires ignorent tout de leurs droits en la matière. Une enquête menée par un célèbre courtier en crédit immobilier révèle même que 8 %des personnes interrogées ne savent pas qu’ils ont souscrit un tel contrat et paient une cotisation conséquente.

Plus étonnant, alors que les moins de 35 ans ont le plus à gagner à bien choisir leur couverture, ils sont les plus nombreux à affirmer ne pas avoir signé pour un tel produit. Quant aux 82 % qui ont connaissent de l’existence de leur assurance de prêt, ils en ignorent le coût. Un tiers des répondants a dit ne pas savoir ce qu’il paie mensuellement pour la garantie de son crédit, tandis que 49 % disent n’avoir aucune idée de son taux, qui représente pourtant un pourcentage non négligeable du capital emprunté.

… et des possibilités de résiliation

Autre conclusion de ce sondage, très peu de souscripteurs de prêt immobilier sont au courant de leur droit à résilier et remplacer leur contrat d’assurance. 35 %d’entre eux ont entendu parler de ce droit accordé par la loi Hamon, mais ignorent la date à partir de laquelle ils peuvent l’exercer. Pour 19 %, la substitution d’assurance est possible depuis 2017, 14 %pensent que la disposition est en vigueur depuis 2014 et 12 % avancent la date du 1er janvier 2018. Pour 17 %, le changement ne serait pas possible, mais ils n’en sont pas certains.

Pour les professionnels du secteur, les résultats de cette étude montrent que malgré les publications dans la presse visant à sensibiliser les consommateurs, ceux-ci sont totalement perdus, sans doute du fait de la succession de lois, réformes et amendements sur le sujet.

Et ce n’est pas fini. Le 12 janvier 2018, le Conseil Constitutionnel doit rendre son avis sur la question de la résiliation annuelle de l’assurance, suite au recours déposé par la Fédération bancaire française (FBF). Voilà qui demandera un effort pédagogique supplémentaire afin de favoriser la libre concurrence que le législateur, les assureurs et les particuliers appellent de leurs vœux.