D’après une étude de HSBC, une majorité de Français détenteurs d’un prêt logement se sont décidés à changer de banque. Toutefois, la difficulté à se constituer un apport personnel a retardé leur achat de plusieurs années par rapport aux emprunteurs des autres pays étudiés.

Une majorité d’emprunteurs envisage un changement de banque

En dépit d’une remontée des taux de prêt immobilier depuis la fin de l’année 2016, les crédits restent bon marché en France. Profitant de cette conjoncture favorable, les ménages ont été nombreux à s’endetter pour financer l’achat d’un logement, seuls ou avec l’accompagnement d’un spécialiste du courtage en crédit immobilier. La production de prêts à l’habitat reportée dans le rapport de la Banque de France pour 2017 s’élève ainsi à 255 milliards d’euros, soit une croissance de 5 milliards sur un an.

Alors qu’ils ont un crédit immobilier à rembourser, 80 % des propriétaires ont déjà envisagé un changement de banque afin de bénéficier de conditions plus avantageuses, tandis qu’une minorité évoque un déménagement ou l’acquisition d’une résidence secondaire.

Ce pourcentage est nettement supérieur à la moyenne mondiale (61 %) selon une étude que HSBC a récemment publiée. Plus de la moitié d’entre eux se sont déjà lancés et là encore, ce chiffre est plus élevé que dans le reste du monde.

Pour ceux qui souhaitent franchir le pas, la loi Macron a introduit une mesure destinée à faciliter la mobilité bancaire. En effet, c’est désormais le nouvel organisme financier qui s’occupe des formalités pour le compte du client qui souhaite y transférer son compte. Par ailleurs, la durée durant laquelle la banque peut lui imposer la domiciliation de revenus a été ramenée à dix ans depuis le 1er janvier 2018.

L’apport personnel reste un frein à l’accession à la propriété

Le passage à une enseigne bancaire concurrente ne résout pas pour autant la question de l’apport personnel, qui pour rappel, doit couvrir au minimum 10 % du coût total de l’opération. Sur l’ensemble des 10 pays concernés par l’enquête HSBC, 67 % mentionnent ce frein majeur à la concrétisation de leur projet immobilier.

Pourtant, un apport important contribue à l’obtention d’un meilleur taux d’emprunt immobilier et ainsi, à alléger les mensualités. Dans l’Hexagone, ces échéances accaparent 38 % du budget mensuel des ménages, alors qu’en pratique, les banques plafonnent le taux d’endettement acceptable à 33 %. La situation se dégrade pour les jeunes générations, le poids des mensualités sur les revenus ayant augmenté régulièrement : de 29 % pour les baby-boomers, il a grimpé à 35 % pour la génération X, pour atteindre 41 % pour la génération Millenials.

Pour se constituer cet indispensable apport, les jeunes sont par conséquent nombreux à s’en remettre à leurs parents, à des degrés divers. Alors que les Chinois qui se lancent dans l’achat de leur premier logement sont 66 % à compter sur cette aide, seulement 28 % des Français y ont recours. C’est sans doute la raison pour laquelle il leur faut jusqu’à 7 ans pour réunir la somme nécessaire, quand les Britanniques ne prennent que 3 ans, et les emprunteurs des autres pays, 5 ans en moyenne.