La réforme des dispositifs d’aide à l’accession à la propriété et le début de mouvement haussier des taux immobiliers freinent les acquéreurs aux revenus modestes. Pour financer l’achat de leur logement, le recours à des prêts longs est une option, mais son coût peut être élevé.

Allongement de la durée des prêts pour les ménages modestes

En 2018, l’État supprime l’APL accession dans le neuf, et durcit les conditions d’octroi du prêt immobilier à taux zéro. De plus, après un trimestre de stabilité, les taux risquent de commencer à remonter. L’impact sur les ménages modestes est déjà perceptible chez les courtiers, qui font état d’une nette diminution de la proportion de primo-accédants dans les dossiers traités depuis le début de l’année.

Pour les banques, le ralentissement de l’activité est problématique, car les objectifs ambitieux qu’elles se sont fixés pour cette année sont loin d’être atteints. Plusieurs enseignes évoquent déjà un retard de 20 % par rapport aux prévisions pour le premier trimestre.

Afin de stimuler la demande, elles proposent aux clients au budget serré des crédits sur 25, voire 30 ou 35 ans pour quelques établissements, comme le Crédit foncier Alsace-Lorraine.

Intérêts plus élevés ou surface plus importante

Pour les professionnels du secteur, l’allongement de la durée d’emprunt de 20 à 25 ans s’étant passé sans difficulté particulière, le passage à 30 ans devrait se faire tout aussi naturellement, au bénéfice des emprunteurs. Une simulation sur un comparateur de taux immobilier montre qu’à mensualité égale pour un crédit sur 20 ans, la réduction des aides combinée à la conjoncture fait perdre 8,9 % de capacité d’emprunt aux candidats à l’achat.

Le recours à un prêt long permet de contourner les obstacles, même si cette durée étendue majore le montant des intérêts ; ainsi, sur 35 ans, ils sont 5 fois plus élevés que sur 20 ans. En revanche, cette option permet d’augmenter la surface financée de 20 % avec un crédit sur 30 ans par rapport à un emprunt équivalent souscrit pour 20 ans seulement.

Il revient à chaque futur propriétaire d’effectuer un calcul du coût d’un prêt immobilier pour prendre une décision pertinente entre payer des intérêts plus importants ou s’accommoder d’un habitat moins spacieux.